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La crise haïtienne s'empire, tensions transatlantiques : l'actualité du 31 mars 2025

L'effondrement sécuritaire d'Haïti et les frictions diplomatiques internationales révèlent un ordre mondial fragmenté et des institutions défaillantes.

Table des matières

Cette journée du 31 mars 2025 met en lumière l'aggravation multidimensionnelle de la crise haïtienne, avec l'expansion territoriale des gangs au-delà de la capitale et l'échec du dialogue avec la République dominicaine. Simultanément, l'échiquier international se reconfigure sous l'influence d'une administration Trump qui impose sa vision, provoquant tensions diplomatiques en Europe et isolement humanitaire face aux catastrophes naturelles.

HAÏTI | Justice — Relocalisation du Tribunal de Première Instance — Le gouvernement haïtien a inauguré les nouveaux locaux du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince à Delmas 75, en présence des plus hautes autorités du pays. Le président du CPT, Fritz Alphonse Jean, a qualifié cette relocalisation de « grand pas dans la lutte pour l'accès à la justice », tandis que le ministre de la Justice Patrick Pélissier a affirmé que « la récréation est finie » et promis un meilleur équipement pour les forces de l'ordre. Cette initiative s'inscrit dans un programme plus large de reconstruction du système judiciaire, dans un pays où l'insécurité continue de « gagner du terrain » selon les propres mots du président, compromettant le fonctionnement des institutions.

HAÏTI | Sécurité — Attaque massive de gangs au centre du pays — Le 31 mars 2025, des gangs lourdement armés ont attaqué la ville de Mirebalais, située à 48 km au nord-est de Port-au-Prince, libérant 530 prisonniers et provoquant un exode massif de la population. Les assaillants, identifiés comme membres des gangs "Taliban" et "400 Mawozo" de la coalition "Viv Ansanm", ont également ciblé la ville voisine de Saut-d'Eau. Selon Diego Da Rin de l'International Crisis Group, cette stratégie de « multiplication des fronts de bataille » vise à faciliter la prise de contrôle complète de la capitale, où les gangs contrôlent déjà 85% du territoire. Cette expansion au-delà de Port-au-Prince illustre leur objectif présumé de « renverser le gouvernement ».

HAÏTI-RÉPUBLIQUE DOMINICAINE | Diplomatie — Rejet dominicain de l'appel haïtien au dialogue — Le 31 mars 2025, le président dominicain Luis Abinader a catégoriquement rejeté l'appel à la reprise du dialogue lancé le même jour par Fritz Alphonse Jean, président du Conseil Présidentiel de Transition d'Haïti. Alors que la partie haïtienne plaidait pour la réouverture de l'espace aérien vers Cap-Haïtien et la relance de la Commission Mixte Bilatérale, Abinader a déclaré que Haïti est « pratiquement effondré » et plongé dans une « anarchie croissante ». « Ce n'est pas le moment indiqué pour la reprise des vols », a-t-il affirmé, rappelant les accords non respectés conclus avec le défunt président Moïse. Cette impasse diplomatique renforce l'isolement d'Haïti, déjà dévasté par l'emprise des gangs sur 85% de sa capitale.

HAÏTI | Sécurité — Investissement massif dans l'appareil sécuritaire — Le 31 mars 2025, lors de la réouverture du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, le gouvernement haïtien a annoncé un plan de financement de 31 milliards de gourdes pour renforcer la sécurité nationale. Cette enveloppe, incluse dans le budget rectificatif 2024-2025, prévoit 7 milliards pour l'équipement de la Police Nationale d'Haïti et 4,4 milliards pour les Forces Armées d'Haïti, tandis que 12 millions de dollars ont déjà été investis en mars pour l'achat d'armements et matériels. Cette annonce survient le jour même où des gangs armés ont pris le contrôle de Mirebalais, démontrant l'urgence d'équiper les forces de sécurité face à l'expansion territoriale des groupes criminels qui contrôlent désormais 85% de la capitale.

HAÏTI | Société — Soutien psychologique aux journalistes traumatisés — L'UNESCO a lancé il y a un mois un programme d'accompagnement thérapeutique pour les journalistes survivants de l'attaque du 24 décembre 2024 à l'hôpital universitaire de Port-au-Prince. Dispensé par l'Association Haïtienne de Psychologie, ce soutien comprend des séances hebdomadaires en groupes et individuelles, avec une approche progressive : diagnostic initial, reconstruction du récit traumatique, puis exercices de narration positive et gestion du stress. Ce programme intervient dans un contexte où les journalistes haïtiens, déjà exposés à des risques considérables en couvrant la violence des gangs, sont devenus eux-mêmes victimes directes d'attaques, illustrant la détérioration dramatique des conditions de sécurité dans le pays.

FRANCE | Politique — Le Pen exclue de la vie politique pour cinq ans — Le 31 mars 2025, un tribunal parisien a condamné Marine Le Pen à une inéligibilité immédiate de cinq ans pour détournement de fonds européens via un système d'emplois fictifs, l'écartant de facto de la présidentielle 2027. La dirigeante du Rassemblement National a également écopé de quatre ans de prison dont deux avec sursis, les deux autres devant être effectués sous bracelet électronique, ainsi qu'une amende de 100 000 euros. La juge Bénédicte de Perthuis a justifié l'application immédiate de l'inéligibilité par « le trouble majeur à l'ordre public » que constituerait une candidature présidentielle d'une personne déjà condamnée. Ce verdict, dénoncé comme un « assassinat de la démocratie française » par Jordan Bardella, intervient alors que les sondages plaçaient Le Pen en position favorable pour 2027.

BIRMANIE | Catastrophe — Bilan humain alarmant du séisme — Le 31 mars 2025, les autorités birmanes ont annoncé un bilan de 2 056 morts, 3 900 blessés et 270 disparus suite au violent séisme qui a frappé le pays vendredi dernier. Selon l'Organisation mondiale de la santé, le système de santé est « débordé » avec trois hôpitaux détruits et 22 partiellement endommagés, créant « un besoin urgent de soins traumatologiques et chirurgicaux ». Les modèles prédictifs de l'Institut géologique américain estiment que le bilan pourrait dépasser les 10 000 morts. Cette catastrophe frappe un pays déjà ravagé par la guerre civile, alors que la junte militaire continue ses frappes aériennes contre la résistance, même dans les zones proches de l'épicentre, compliquant davantage les opérations de secours.

UE-ÉTATS-UNIS | Diplomatie — Tensions sur les politiques de diversité des entreprises — Le 31 mars 2025, la France et la Belgique ont vivement réagi après que plusieurs entreprises européennes ont reçu des lettres de l'administration Trump exigeant l'abandon de leurs initiatives de diversité pour continuer à faire affaire avec le gouvernement américain. Le ministre français du Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, s'est dit « profondément choqué » par cette « ingérence américaine inacceptable », tandis que son homologue belge Jan Jambon a déclaré : « Nous n'avons pas de leçons à recevoir du patron de l'Amérique ». Cette confrontation s'inscrit dans un contexte de tensions transatlantiques croissantes, marquées par des menaces de hausse des tarifs douaniers et les récentes fuites de Signal révélant le mépris de l'administration Trump envers l'Europe.

L'actualité de ce 31 mars illustre les limites du multilatéralisme contemporain. En Haïti, l'impuissance des forces internationales face à la criminalité organisée rappelle l'échec des interventions passées. Les tensions UE-États-Unis démontrent quant à elles la fragilité des alliances occidentales, tandis que les réponses insuffisantes aux désastres naturels soulignent l'inadéquation des mécanismes d'aide internationale face aux crises multiples.

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