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Les voies de la promotion du savoir universitaire : enjeux et perspectives pour le campus de Limonade

Exploration critique des pratiques universitaires à Limonade, révélant tensions entre idéal de savoir scientifique et réalité institutionnelle et sociale.

Table des matières

Bien que la question semble posée sans s'inscrire dans une méthode precise, car il n'y a pas de pensée sans objet de pensée, elle invite à analyser le sens du rôle d’être étudiant à l’université. En effet, comme lieu de production par excellence du savoir rationnel, un centre universitaire constitue essentiellement un espace d’activités intellectuelles. Il s’agit de faire de tout ce qui relève de la réalité humanisée un objet de pensée, dans une quête de sens rationnel, en amont des mythes d’origine qui privilégient la doxa et les affects, éléments caractéristiques de l’enfance de la condition humaine, des êtres conscients et raisonnables que nous sommes.

Ainsi, être universitaire, c’est reconnaître que la raison humaine suit un parcours historique marqué par des ruptures épistémologiques, qui signalent les étapes de la formation et de l’évolution de l’esprit scientifique. Cela implique également que nous sommes toujours tenus de vérifier les vérités issues de nos recherches dans un monde empreint de complexités naturelles et sociales, à travers les débats qui nous rassemblent dans les différents champs disciplinaires.

Par conséquent, en marge des heures solitaires consacrées à la bibliothèque et à la réflexion individuelle, la vie universitaire est avant tout une vie de débats scientifiques sur le monde des choses et des êtres. Il importe donc toujours de savoir ce que pensent les étudiants, ces héritiers légitimes de l’histoire de la raison humaine dans sa quête de sens et de vérité.

Cette question soulève une problématique qui met en lumière les différentes voies de communication de la pensée universitaire. En premier lieu, les salles de cours, où se déroulent les exposés magistraux des professeurs, constituent des espaces susceptibles de stimuler et de corriger la pensée des étudiants. Grâce aux syllabus qui présentent les plans des concepts et des auteurs à aborder lors des séances, les étudiants peuvent anticiper les cours en menant des consultations documentaires dans les bibliothèques de leur centre universitaire. Cette démarche, qui constitue un facteur clé dans les situations d’apprentissage, fait partie intégrante des activités pratiques de la formation universitaire.

D’autant plus qu’elle dote les étudiants des outils conceptuels et théoriques nécessaires pour engager un dialogue avec les professeurs, lesquels peuvent ainsi préciser ou clarifier les idées non assimilées au cours des lectures académiques préalables. Il est donc dans l’ordre naturel de l’enseignement et de l’apprentissage universitaires que les salles de cours soient les premiers lieux où les étudiants peuvent – et doivent – exprimer leur pensée en construction. C’est un espace d’interaction qui leur confère à la fois le droit et le devoir de réfléchir et de communiquer leur vision du monde, dans le respect des règles d’éthique et de probité intellectuelle. Ainsi, assister à un cours en tant qu’auditeur attentif dans une faculté peut offrir une occasion précieuse d’observer la formation et la progression de l’esprit scientifique chez les étudiants du campus de l’université Henri Christophe de Limonade.

Un deuxième moyen de connaître la pensée des étudiants d’un campus universitaire réside dans l’usage des organes de publication consacrés aux recherches et aux opinions universitaires. En effet, la disponibilité de revues et de journaux universitaires s’avère très utile, voire indispensable, à la circulation des discours scientifiques, élaborés selon les principes du rationalisme hypothético-déductif et, dans le cas des sciences humaines et sociales, de l’herméneutique. Ainsi, la dynamique de la pensée universitaire doit accompagner le foisonnement des publications intra et inter-facultaires, dans un jeu dialectique où ces deux dimensions s’enrichissent mutuellement.

Ces publications représentent en effet des stimulants essentiels pour encourager la réflexion et l’échange entre universitaires. Souvent, les discussions naissent et se nourrissent des textes publiés dans ces organes de diffusion de la pensée scientifique. En conséquence, pour découvrir la pensée des étudiants du campus de l’université Henri Christophe de Limonade, il conviendrait de dresser un inventaire des revues et journaux périodiquement affichés sur les tableaux d’information de ce centre universitaire du département du Nord.

Un autre moyen venant en appui aux publications est l’organisation de conférences et de colloques scientifiques, qui donnent une résonance accrue aux idées diffusées. En effet, certaines contraintes liées au temps de lecture et aux exigences de formulation peuvent amener chercheurs et auteurs à mettre leurs idées en discussion, à des fins de précision et de clarification. D’où l’importance de ces événements, qui offrent la possibilité de rencontres enrichissantes entre auteurs et lecteurs universitaires. Participer à des activités de débat demeure ainsi une voie privilégiée pour découvrir les réflexions et opinions des étudiants sur des problématiques liées aux lois naturelles et sociales. Il serait donc pertinent d’assister à une conférence à l’auditorium du campus du Nord afin d’observer comment les étudiants discutent du réel en tant qu’objet d’observation et de questionnement hypothético-déductif.

Enfin, en remplissant leur mission de formation, les médias contribuent à relayer les différents savoirs transmis par l’école et l’université. Certaines émissions médiatiques devraient ainsi adopter une pédagogie de la communication didactique, destinée à favoriser l’apprentissage des auditeurs et des téléspectateurs. Cela requiert un certain professionnalisme et un niveau de spécialisation dans des champs spécifiques de la part des journalistes, afin de conférer à ces émissions une qualité de contenu apte à rationaliser le rapport des citoyens à la société.

Autrement dit, les plateaux télévisés et les panels radiophoniques devraient inviter des acteurs du monde universitaire pour débattre de questions d’intérêt public, dans une perspective d’éducation et de vulgarisation, à l’intention d’un public non initié aux discours académiques. À cet égard, les médias jouent un rôle fondamental en tant qu’espaces publics d’éducation populaire, avec la participation active des universitaires. C’est pourquoi il suffirait d’établir une liste des émissions radiophoniques et télévisées, en analysant leur nature et la qualité de leurs intervenants, pour mesurer la portée et la fonction du discours universitaire issu du campus de l’université Henri Christophe de Limonade dans ces institutions de socialisation.

En somme, loin d’être les résultats d’une enquête systématique ou d’une observation sociologique, les idées que nous avons formulées ne constituent que des présupposés liés à la question qui donne son titre à notre réflexion. En effet, nous n’avons pas auditionné d’universitaires du campus en situation d’apprentissage. Nous n’avons pas non plus inventorié les revues et journaux publiés par les chercheurs, qu’ils soient en herbe ou chevronnés, de ce centre d’études universitaires du Nord.

Par ailleurs, pour donner à notre raisonnement la force d’une vérité, il nous aurait fallu mener une investigation sur la nature et les compétences des invités des émissions radiophoniques et télévisées, ce que nous n’avons pas fait. Enfin, assister à des conférences et colloques, qui auraient donné une résonance directe aux recherches et aux réflexions des universitaires, aurait constitué une démarche empirique essentielle pour confirmer ou infirmer notre hypothèse.

N’ayant entrepris aucune de ces démarches, nous ne pouvons que nous situer dans le registre des conjectures, des hypothèses qui invitent néanmoins à débattre des habitus scientifiques propres aux universitaires du campus Henri Christophe de Limonade. Des conjectures qui appellent la population estudiantine à réfléchir collectivement sur un ensemble de problématiques relatives au rôle des universitaires dans la promotion du savoir scientifique, ainsi qu’à l’orientation que les élites intellectuelles doivent proposer à la société.


Evens Cheriscler est né le 5 avril 1981 à Port-au-Prince, Haïti. Il a étudié la sociologie à la Faculté des Sciences Humaines (FASCH). Passionné par les sciences sociales, il est écrivain et journaliste. Il a exercé comme rédacteur pendant deux ans au quotidien haïtien Le National. Auteur de plusieurs œuvres inédites, il poursuit son travail littéraire avec la volonté de faire connaître ses créations dans les cercles littéraires.

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